Comprendre les prix d’un graphiste

25 Nov 2019 | Métier de Graphiste

T’es-tu déjà demandé pourquoi les prix d’un graphiste peuvent-être si élevés ? Comment est-ce qu’il calcule ses tarifs ? Est-il juste dans ces prix ou essaie-t-il de t’escroquer ? Cet article a pour but de répondre à ces questions, et te permettra je l’espère de mieux comprendre les prix d’un graphiste. À la fin de cet article tu ne te diras plus « 500€, c’est énorme ! » mais « 500€, c’est raisonnable ! ».

Les bases des prix en graphisme

Avant de se lancer dans une longue explication et de comprendre enfin comment nous, les graphistes, calculons nos prix, il faut savoir une chose. Un graphiste, en fonction de son statut professionnel, n’aura pas le même prix qu’un autre. Je m’explique : selon s’il est salarié, freelance ou dans une agence les prix vont énormément changer. Un graphiste en agence facturera toujours plus cher qu’un graphiste freelance. Le graphiste salarié quand à lui, ne choisi pas réellement ses prix, c’est son employeur qui s’en charge. Ces écarts de prix se justifient principalement par les frais que coûtent la structure : une agence aura toujours plus de frais qu’un freelance (et si c’est l’inverse, c’est qu’il y a un problème !). Là est la seule vraie différence, le reste varie en fonction de chaque individu, de leur manière de travailler et non pas de leur statut 🙂

Le prix se justifie par l’expérience

Comme dans n’importe quel métier, au bout de plusieurs années d’expériences, ton salaire augmente. C’est normal, c’est même l’une des bases ! Pourquoi les graphistes n’y auraient pas le droit eux-aussi ? Un graphiste qui vient de commencer, s’il ne veut pas courir à sa perte ou travailler comme un forcené, doit facturer au moins 300/350€ la journée. Dit comme ça, ça parait énorme mais tu vas comprendre très vite pourquoi ce tarif… Au bout de quelques années d’expériences, le graphiste va petit à petit augmenter son tarif et progressivement arriver à 500 voire 600€ la journée, pour certains encore plus. Cela parait normal : la qualité de travail est différente entre un graphiste junior et un graphiste sénior, le prix doit forcément suivre avec !

Le prix se justifie par la notoriété

Alors là, ça va pas concerner tous les graphistes. Et encore moins ceux qui débutent. Comme dans chaque branche de métier, il y a des individus (ou entreprises) qui sortent du lot. Bizarrement, leur prix ou leur salaire est supérieur à une personne ayant le même nombre d’année d’expérience. C’est la notoriété qui est en jeu, et de la même manière que tu es prête à payer le prix fort pour le dernier Iphone, parce que c’est Apple qui le produit, tu paieras le prix fort pour que ce soit ce fameux graphiste de renom qui réalise ton projet. Et quand tu iras raconter aux autres que ton affiche a été créée par THE graphiste, tu remarqueras très vite que sa portée est plus puissante que si ça avait été un graphiste lambda…

Quand tu as choisi le graphiste le plus tendance du moment…

Le prix est différent selon le projet

Tu t’en doutes, une affiche ne demande pas le même investissement de travail qu’un livret… Selon ton projet, il y aura plus ou moins d’heures de travail consacrées ! Que ce soit pour la recherche ou pour l’exécution, la charge de travail n’est jamais la même. Et c’est ce qui explique qu’une affiche peut être facturée moins cher qu’un livret de 10 pages. La portée du projet joue également un rôle fondamental sur le devis. C’est ce qu’on appelle les droits de diffusion. En fonction de si tu souhaites diffuser ton projet sur le département, la région, le pays ou le monde entier, et sur quelle durée, le prix changera. Pour le calculer, le graphiste se base sur le prix du projet et rajoute un pourcentage qui lui est propre, avec toutefois un minimum presque imposé par la loi. Pour un projet à 500€ par exemple, et une diffusion à 30% du prix de base, tu te retrouveras avec une facture de 650€.

Le type de client peut influencer le prix

Ce point-là fait souvent débat. Il y a deux écoles : ceux qui disent qu’il faut facturer selon l’entreprise (autrement dit, à la tête du client) et ceux qui logent tout le monde à la même enseigne. Faire payer une grosse entreprise plus cher ne me parait pas totalement injuste, car la portée sera forcément différente et le budget plus conséquent. Mais selon moi le plus important est de respecter ton prix de base. Ne va jamais en dessous de ton prix sous prétexte que l’entreprise est toute petite. S’ils ne sont pas prêt à payer ton prix, passe ton chemin.

Essaye de voir au-delà du résultat

En tant que client, ce que tu vois c’est le résultat final. Tu as demandé une affiche, et tu as obtenu une affiche. Mais que c’est il passé entre ces deux étapes ? Tu ne le sais pas, et c’est pourtant ce qui justifie le prix. Il y a énormément d’heures passées à la recherche, pour trouver le parfait concept et ensuite plusieurs heures encore pour la création. Lorsque tu regardes ton affiche, pense à tout ce travail. À ton avis, pour arriver à ce résultat, le graphiste a-t-il vraiment réalisé qu’une seule affiche ? Ce n’est que très rarement le cas… Il ne faut pas avoir peur de demander quelles sont les différentes étapes du travail pour comprendre le prix. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’explique chaque étape dans mes offres.

Choisir entre la rapidité, la qualité et le prix

Maintenant que nous avons posé ensemble les bases des prix, commençons à aller plus loin. Tu souhaites un travail fait rapidement, d’une qualité exceptionnelle mais pas cher. Arrête de rêver, ce n’est pas possible. Et ceux qui te font croire le contraire sont des escrocs !

Pourquoi ce n’est pas possible d’avoir les trois ?

Demande à un graphiste d’être rapide, qualitatif et avec des prix défiant toutes concurrences, et il t’enverra un gros STOP. Ce n’est pas possible d’avoir ces 3 critères ensemble, tout simplement parce qu’ils ne sont pas compatibles. Privilégie toujours le travail qualitatif : c’est la raison pour laquelle tu fais appel à un graphiste. Cependant sois prête à subir les conséquences :

  • Qualitatif mais rapide ? Mets-y le prix.
  • Qualitatif mais pas cher ? Il faudra être patient…

Si tu passes ton temps à courir après les prix dérisoires, c’est que tu n’es pas prête à investir dans ton entreprise correctement. Sache une chose, payer le prix fort est souvent plus intelligent… Sur le coup ça fait un trou au budget, mais sur le long terme tu verras la différence.

Pour t’aider à situer, imagine que tu achetes un manteau pour l’hiver à 10€. Tu es content, il ne t’aura pas coûter cher. Mais après 2 mois seulement, tu es forcée de le jeter à la poubelle car il est déjà tout usé. Si tu avais choisi d’investir dans un manteau ne serait-ce qu’à 50€, tu aurais remarqué qu’il t’aura servi plusieurs hiver. Et au lieu d’avoir à acheter plusieurs manteaux pour une saison, te voilà avec un seul manteau pour plusieurs années… Tu sens la différence ? N’aies pas peur de mettre le prix, et privilégie toujours la qualité !

Attention au travail pas cher !

Tu l’as vu sur le schéma, le travail pas cher et rapide est souvent synonyme de catastrophe… Méfie-toi des graphistes qui te proposent un logotype à 50€ (et j’en ai vu à 20€…). Tu te retrouveras avec un logo déjà vu et revu, ou complètement dépassé, qui ne répond à aucunes de tes demandes, qui ne reflète en rien ton entreprise… Bref laisse tomber. Bien souvent, les graphistes qui ne sont pas cher proposent du travail non qualitatif. Leur but est de produire du chiffre d’affaire, ni plus ni moins et peu importe si ce qu’ils produisent est bien ou non. Tu te retrouveras très vite à devoir payer un nouveau graphiste, et tu auras payé la première fois pour rien…

Avoir du qualitatif pour pas cher ?

Encore une fois, retourne sur le schéma. Tu as remarqué que tu peux avoir du travail de qualité pour pas cher ? Oui MAIS ! Tu devras t’armer de patience. Et là encore, rien ne garanti un prix bas. Tout simplement parce que le temps c’est de l’argent. Et si comme moi ton graphiste facture à l’heure (ou à la journée), plus ton projet sera long et plus il te coûtera cher. C’est pour cela que je ne crois pas trop au qualité mais pas cher…

Quand tu veux de la qualité, rien que de la qualité…

Comment calcule-t-on nos prix ?

Enfin nous voilà dans la partie qui va t’expliquer nos méthodes de calcul. Tu vas très vite comprendre pourquoi ces tarifs, et pourquoi ils ne sont finalement pas si élevés que ça, malgré les apparences !

La différence entre freelance et salarié

Première chose à prendre en compte : quand tu es salariée, tu perçois ton revenu net. Quand on est freelance, notre chiffre d’affaire c’est un peu comme notre revenu brut. Ce que tu ne vois pas dans le salariat, c’est tous les frais dissimulés : les impôts, les cotisations, les frais de logement, de matériel etc. Contrairement à un salarié, qui a son revenu net, nous les freelances devons soustraire à notre chiffre d’affaire tous nos frais. En fonction des régimes, compte 25% de cotisations (arrondi). Ensuite, tu dois enlever tous les autres frais qui sont nécessaires pour travailler : nos logiciels, matériel informatique, loyer si on ne travaille pas à la maison, factures diverses comme internet ou le téléphone, etc. Ensuite seulement tu obtiens le bénéfice. Et là encore, le bénéfice ne veut pas dire salaire ! Car il y a encore des sous à mettre de côté pour les impôts comme la CFE…

Le freelance pour gagner un SMIC, doit…

L’une des meilleures façon de te faire comprendre les prix d’un freelance, est de comparer nos tarifs au SMIC. Reprenons les 350€ minimum par jours de facturation. Si on le divise pour trouver le prix horaire, on obtient 350 ÷ 7 = 50€ de l’heure. Là encore tu vas trouver ça énorme. Mais n’oublie pas ce que j’ai dit au point précédant : il faut retirer toutes les charges, les cotisations, etc. Si on retire les cotisations il reste 37€50, à ça est retiré encore les autres charges. Il y avait un article qui expliquait précisément ce que j’essaie de te dire, mais malheureusement je ne le retrouve plus… Quoi qu’il en soit, avec les 37€50 de l’heure moins les autres charges, on arrive très vite à un tarif horaire proche du SMIC !

Prends en compte les jours non-rémunérés

Tu te souviens du calcul qu’on vient de faire ? (j’espère que oui, c’était y a même pas deux minutes…) Ce taux horaire permet également de compenser les heures de travail non-rémunérées. Je m’explique : en freelance, on ne peut facturer que le travail « visible » autrement dit les projets de nos clients. Mais il y a aussi le travail « invisible », la partie cachée de l’iceberg et pourtant la plus importante : l’administratif, la prospection, les articles de blog etc. Tout un travail qui nous prend plusieurs heures et qui ne sont pas rémunérées. On retrouvera donc dans nos 37€50 (en réalité moins quand on enlève toutes les charges) une petite somme (vraiment petite) pour compenser toutes nos heures de travail de fond.

Quand tu as l’impression que ton graphiste se fait un max d’argent…

La méthode de calcul

Un graphiste peut facturer ses prestations de trois manières différentes : au forfait, à la journée ou à l’heure. Pour ma part, je suis partie des 350€ minimum par jour, que j’ai divisé par 7 pour obtenir un taux horaire de 50€. Je construis ensuite mes offres en fonction du nombre d’heures de travail que cela me demandera. Dans une année, il y a environ 251 jours ouvrés, à cela on retire environ 120 jours non-facturés qui sont réservés à la paperasse, la prospection et tout le tatouin. Il nous reste donc 131 jours facturés par an. Si nous faisons le calcul, nous obtenons 350 x 131 = 45 850. Retirons à présent les cotisations de 25%, donc 45 850 x 0,25 = 11 462,5 soit 34 387,5€ à l’année. Ce qui nous reviens à 2865€ par mois environ. Chouette me diras-tu ? Mais nous avons oublié une étape : les charges autres que les cotisations ! On ne peut pas réellement les calculer car elles sont propre à chacun…

Une fois les charges enlevées, il reste malgré tout une belle somme. Je suis tout à fait d’accord avec toi. Mais crois-tu vraiment que le graphiste va avoir des contrats qui lui permettent de travailler les 131 jours facturés ? Dans un monde idéal oui, mais autrement, non… Autrement dit, les 2865€ moins les charges ne sont qu’une idée du salaire maximal qu’un graphiste facturant 50€ de l’heure peut avoir. Et tu te doutes bien que ça n’arrive pas toujours…

Si le graphiste a décidé de facturer au forfait, là encore le calcul change légèrement. La base reste la même, mais le salaire dépendra du nombre de contrats et du prix de l’offre. Par exemple, pour un logotype à 500€, il faudrait avoir au moins 3 clients pour espérer gagner un SMIC : 1500€ pour le mois, moins les cotisations donc 1125€. Et on n’oublie pas de retirer les autres charges bien-sûr 😉

Travailler à sa perte

Je te l’avais dit un peu plus haut, méfie-vous des graphistes pas cher. Il y a toujours un hic derrière ces offres-là, et le plus souvent tu seras déçue. Mais tous les graphistes pas cher ne sont pas des escrocs ! La plupart le sont, oui, mais il y en a une partie qui se brade dans l’espoir d’attirer plus de clients. Un conseil : fuis-les ! Pas parce qu’ils vont te fournir un mauvais travail, mais parce qu’en acceptant leurs prix tu les laisses croire qu’il est possible de continuer sur cette voie. Malheureusement, ils finiront par courir à leur perte. Et ce n’est que les encourager vers cette pente glissante en acceptant leurs prix réduits. Montre-leur au contraire qu’ils doivent augmenter leurs tarifs !

— À VOIR AUSSI : L’ABÉCÉDAIRE DU MÉTIER DE GRAPHISTE —

Le mot de la fin

Si tu devais retenir une chose sur tout cet article c’est : privilégie la qualité. Et la qualité exige forcément un prix, qu’il faudra assumer. Ne vois pas cette dépense comme un trou dans ton budget mais bien comme un investissement qui fleurira à long terme.

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